James T.

James a 53 ans, est américain et vit à North Port, en Floride.
Il est marié et n’a pas eu d’enfant, mais nous dit, avec son humour personnel, avoir des chiens, Hemi, bullmastiff, et Mojo, chiot qu’il s’est procuré dans un refuge comme étant un chihuahua, mais qui s’est révélé, par une croissance inattendue, être un Jack Russell.
Il est électricien de formation et a d’abord travaillé sur des barges lacustres de transport de matériaux, sable et graviers, dans l’Ohio.
Il a déménagé pour la Floride lorsqu’il a décidé de joindre l’équipage du bateau qu’il n’a plus quitté depuis. Il se rappelle très précisément la chronologie : le bateau était revenu d’une courte mission à Abu Dhabi en passant par Cape Town et avait rejoint la Floride le 29 août 2011. James a embarqué cinq jours plus tard, le 3 septembre 2011. À cette date, une majorité d’Américains occupaient les postes de mécaniciens aux machines, alors qu’aujourd’hui il reste le seul de cette nationalité à cette fonction.
Il a accepté d’être embauché en rétrogradant d’échelon, mais en touchant malgré cela un salaire supérieur à ce qu’il gagnait dans l’Ohio. Du bas de l’échelle, il a obtenu une promotion comme électricien machines en quatre mois, et parle avec fierté et reconnaissance de la valorisation accordée à ses efforts.
Il dit apprendre quelque chose tous les jours et se félicite des rapports qui existent entre marins de tous grades sur le bateau. La diversité des origines ethniques et des coutumes à bord le fait évoluer de la perplexité à l’admiration sans bornes, en particulier pour l’acharnement au travail de certains.
Il travaille six semaines à bord pour six semaines à la maison, sept jours sur sept, dans le créneau 6 h-18 h.
Sa plus grande satisfaction est certainement d’avoir gravi des échelons par son travail et assuré ainsi les besoins financiers de sa famille. Lorsqu’il sera en fin de carrière, il envisage de se reposer avec le sentiment d’un accomplissement, et de savourer la présence bénéfique de son épouse.
Son plus mauvais souvenir est très proche, et il parle avec émotion de l’angoissante impuissance qu’il a ressentie lorsque, lié à sa tâche, il suivait, par médias interposés, la progression de l’ouragan qui est passé récemment sur la Floride, à une soixantaine de kilomètres du lieu où se trouve sa maison.