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Liza

Seamen's Club de Brest
Liza

Je rencontre Liza au Seamen’s Club, comme prévu avec elle sur le navire, et bénéficie de la présence, lors de l’entretien, de Guillaume, volontaire du service civique, étudiant et futur traducteur. Sous la pression des autres membres d’équipage présents, j’aurai ensuite un entretien avec James, qui se terminera aux limites extrêmes d’ouverture du local. Ils font partie tous deux du même équipage que George et Rafal. Une vingtaine de marins, philippins pour la plupart, fêtent dans la bonne humeur l’anniversaire de l’un d’eux.

Elle m’annonce être dans sa quarantaine, tout en reconnaissant avec le sourire, et à juste titre, paraître beaucoup moins.

Elle est originaire des Philippines et vit à Manille.

Elle est parent isolé d’un petit garçon de trois ans et demi, qui est élevé par sa mère, aidée d’une nounou, quand elle est sur le bateau.

Liza a d’abord travaillé à Dubaï pendant six ans dans le service consommateurs d’une société d’informatique. La naissance de son bébé a correspondu à un arrêt de travail de deux ans. Ensuite, un collègue philippin l’a dirigée vers son emploi actuel. Elle intègre l’équipage en 2015.

Elle travaille 12 semaines consécutives, 7 jours sur 7, par tranches de douze heures, et a ensuite 6 semaines chez elle. Sa journée de travail se déroule ainsi : 30 minutes pour prendre son petit déjeuner, 1 heure pour déjeuner, 30 minutes d’arrêt l’après-midi et 1 heure pour le dîner.

Elle est responsable de l’organisation des voyages que nécessitent les rotations de l’équipage, de la gestion des brevets qui attestent de leurs compétences, des certificats médicaux d’aptitude et de l’attribution des cabines, ceci pour un équipage de 364 personnes, originaires de 28 nations différentes, quand le bateau est en mission, d’où une grande variété des tâches.

La complexité de sa charge et l’éloignement de sa famille ont d’abord été pour elle un défi, mais elle se sent de plus en plus à l’aise et apprécie la qualité des rapports humains à bord, ainsi que le respect dont elle bénéficie, seule femme actuellement à bord. D’autres femmes sont présentes lors d’autres rotations du personnel. Elle est heureuse d’avoir une cabine pour elle seule. Pour respecter le repos des marins, l’accès à la zone des cabines est interdit pendant la période de travail.

Elle dit avoir beaucoup de bons souvenirs de son travail, mais ne peut en détacher un fait plus marquant. Elle parle cependant avec une certaine émotion des communications internet avec son petit garçon, qui, parfois, la presse de questions sur ses occupations à bord et sur sa date de retour, mais est aussi parfois, à l’inverse, peu disposé à échanger, accaparé par ses activités du moment.

Ce qui lui est le plus délicat dans son travail semble être la nécessité de prendre des décisions qui doivent s’accorder avec des points de vue parfois différents entre membres de sa hiérarchie, qu’elle dit être par ailleurs attentive et bienveillante. Elle reconnaît que la durée des périodes de travail peut être difficile à assumer.

Elle ne pense absolument pas faire toute sa carrière professionnelle dans la marine, à laquelle elle envisage de consacrer encore deux à trois ans, et se projette dans une activité future de restauration avec sa sœur.

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